8.4.15








décidément je ne me lasse pas de la plage de granville. Pour courir, pour lire, pour rêver…Elle ressemble à une peinture.






 


{4-5-6 avril; Granville}

2.4.15

en mars {2015}







La lecture qui aura marqué mon mois de mars et certainement bien au-delà, c'est Échapper de Lionel Duroy. Pour préparer une rencontre avec cet cet auteur, j'ai naturellement lu son dernier roman qui m'a happée dès les premières pages. Voici les premières lignes du premier chapitre (intitulé "Si je devais mourir") : "Ce matin, je me suis réveillé avec l'appréhension de ne pas écrire, de ne pas trouver mon livre. Il était tard, neuf heures dix, et en somme je n'écrivais pas, je ne faisais rien. J'ai ouvert les rideaux et constaté qu'un vent violent secouait les grands pins devant mes fenêtres, charriant des tourbillons de pluie fine. Rapidement, je me suis donné un coup de brosse et suis allé prendre mon café." Un roman qui commence ainsi c'est bon signe. Le héros s'appelle Augustin, il est écrivain, sort d'une rupture amoureuse qui l'a dévasté et part seul en train, en Allemagne sur les lieux où se déroule l'histoire d'un roman qui l'a bouleversé. Le roman en question s'intitule Le leçon d'allemand. Il est signé Siegfried Lenz et il raconte l'histoire d'un peintre durant la Seconde Guerre Mondiale qui vivait dans un village au nord d'Husum. Notre héros narrateur s'en va donc, enquêter, chercher l'inspiration et matière à un livre, sur les lieux de personnages fictifs inspirés de personnages réels. Augustin avait fait ce même voyage, deux ans et demi plus tôt, avec Esther, sa compagne. Ce nouveau voyage à Husum est donc aussi une replongée dans ses souvenirs avec cette femme, évocation de leur amour et de la fin de leur histoire. Cette lecture est forcément troublante quand on sait que, dans tous ses romans, Lionel Duroy raconte sa propre vie (Augustin/Lionel, Esther/Blandine, le Mont-Pertus/Le Mont-Ventoux… ). Mais lire la propre histoire de quelqu'un ne fait pas du lecteur un voyeur si l'histoire et les sentiments tendent à l'universel, touchent, bouleversent, résonnent en nous et s'il y a une vraie écriture. C'est complètement le cas ici, et la manière dont l'auteur se livre est terriblement touchante. On n'est jamais dans l'impudeur. Il y a aussi des passages passionnants sur la littérature :" Je suis obsédé par cette idée que si nous nous réfugions dans les livres avec tant de hâte et de soulagement, c'est que la vie y est épurée de tout ce qui fait de nous des êtres plutôt pitoyables, intéressés et calculateurs, profondément égoïstes, très rarement courageux, globalement dénués de grandeur et la plupart du temps avançant à tâtons comme des chiens perdus."
Et sur l'écriture et la vie…:
"-Nous sommes dans un train dont nous ne connaissons pas la destination, dis-je, et il faudrait accepter de bavarder gaiement et de chanter. Je n'y arrive pas. 
-Vous pourriez-vous satisfaire de lire, comme moi.
-Et que faire entre les livres? on ne peut pas tout le temps habiter le même livre…
-Regarder le paysage par la fenêtre, parler avec les autres voyageurs, boire un bon vin, tomber amoureux d'une jolie femme…
-Oui, bien sûr, on peut se distraire pendant que le train roule…Ce sont des moments agréables et j'en profite aussi. D'ailleurs, vous voyez bien, je suis là avec vous. Mais très vite la colère reprend.Je crois que je suis profondément en colère d'être transporté contre mon gré. c'est pourquoi j'ai besoin d'écrire. Pour dire combien c'est impossible, humiliant. Pour protester quoi."
Et sinon c'est un livre qui parle d'amour, de désamour, de désir, de la paternité. Un roman vraiment important et Le Chagrin, le roman dans lequel il raconte son enfance douloureuse et traumatique, sera ma prochaine lecture de Lionel Duroy.

Je vais être plus rapide sur les sorties ciné. Le film qui m'a le plus emballée ce mois-ci c'est le film coréen Sea Fog, réalise par le co-scénariste de Memories of murder que j'avais adoré. L'image, les couleurs sont sublimes. Et l'évolution de ce huis-clos terrifiante. J'ai beaucoup aimé qu'il mêle un aspect social (des migrants clandestins qui fuient la misère de leur pays) au genre du film noir. Attention, il est très violent.  The Voices de Marjane Satrapi m'a laissée perplexe.C'est un drôle de film, mi-comédie ni-film noir dont je n'ai pas beaucoup aimé l'esthétisme, mais sa manière de mettre le spectateur dans la peau de son héros schizophrène est plutôt troublante et efficace. Dear White people, est un film intéressant sur la manière dont quatre jeunes étudiants noirs vivent leur couleur de peau dans une prestigieuse université qui reste un monde de Blancs. Dark Places m'a vraiment déplu : clichés et invraisemblances. Selma ne me laissera pas un souvenir impérissable mais c'est honnête et pédagogique et je suis contente que marius l'ait vu avec moi. Le film de Ryan Gosling, Lost River, est trop glauque et dérangeant pour que je puisse dire que j'ai vraiment aimé.  J'ai été très séduite par Ex-Machina, avec le très séduisant et talentueux Oscar Isaac (A most violent year) : une histoire d'intelligence artificielle vraiment bien foutue et troublante. Je passe sur La véritable histoire de Robin des bois, pour un public ado à l'humour… ado, sur Lazarus Effect film d'horreur cliché à souhait où tout est attendu (et même la suite, annoncée à gros sabots à la fin). Divergente 2, bof… j'avais pourtant trouvé le premier pas mal. Et pour les plus petits (à partir de 7-8 ans) et les grands enfants-ados, Pourquoi j'ai pas mangé mon père, le film d'animation de Jamel Debouzze, offre un beau moment : techniquement réussi -premier film européen tourné en motion capture-, drôle, tendre et romantique. Une jolie fable pour parler de l'exclusion, de la différence et de son acceptation.

Et sinon, on attend le printemps. Et pour patienter sans déprimer, on se régale au restaurant (hum, ce dîner chez Guilo Guilo, hum celui à L'Afghanistan…), chez les amies (merci lise, raphaële, charlotte, marie-laure) et on essaie de manger bon & léger à la maison (merci yann).

Et avant de finir je voulais parler de Mathieu Bourdais, le cousin de Marie-Laure. A 31 ans, cet ingénieur prépare sa première min-transat. Le 7 avril, il part pour une traversée de l'Atlantique sur son bateau et pour finir de financer son projet, il a lancé un financement participatif sur internet. Toutes les infos par ICI et pour apporter sa contribution, c'est par LA.

Lectures :
Échapper, de Lionel Duroy, Julliard, 2015, 18,50€

Au ciné :
The Voices, de Marjane Satrapi, (11 mars)
Selma, Ava DuVernay (11 mars)
Lazarus Effect, de David Gelb (11 mars)
Dear White people, de Justin Simien (25 mars)
Sea Fog, de Sung Bo Shimle (1er avril)
Lost River, de Ryan Gosling (8 avril)
Pourquoi j'ai pas mangé mon père, de Jamel Debouzze (8 avril)
Ex-Machina, d'Alex Garland (3 juin)