et pourquoi pas demain

10.2.17

_trema_





Je suis devenue assez addict à Instagram, cette géniale invention qui permet de voir défiler des photos merveilleuses venues du monde entier. Parmi les centaines de photos qui passent devant mes yeux chaque jour, certaines m'émeuvent et me font vraiment du bien. Elles m'apportent plaisir, joie, réconfort. Au même titre qu'une musique, un beau roman ou un bon film, .
J'ai décidé de partager ici les comptes Instagram qui me touchent le plus. Je commence cette série avec le compte de _trema_. Un mystérieux pseudo dont j'ai oublié de demander l'origine à son auteure.
Elle photographie la nature, des gestes du quotidien, ses enfants mais par petits bouts. J'aime son univers, ses cadrages, la poésie et la douceur qui émanent de ses photos. Toutes me plaisent et me touchent. _trema_ est la preuve que le nombre de "followers" (quel moche mot) n'a aucun rapport avec le talent, mais je suis surprise de constater quà ce jour, seules 44 personnes sont abonnées à son compte.
J'ai été intriguée par le fait qu'elle ne livre aucune information sur elle. Pas même un prénom, ni un lieu de vie. Voilà qui est bien rare et cette pudeur et cette discrétion m'ont beaucoup plu. Comme si le plaisir de publier et de partager ses photos suffisait. Cela a aussi éveillé ma curiosité et j'ai pris contact avec cette photographe anonyme. Je lui ai expliqué mon projet et je lui ai posé quelques questions, en vrac. Elle m'a répondu, en vrac aussi, et que des choses jolies. Je vous les livre ici avec quelques photos d'elles que j'ai sélectionnée.

—trema_ s'appelle Sandrine et vit à Annecy. Une ville qui n'est pas la sienne et qu'elle tente d'apprivoiser en la photographiant. Ses lacs, ses paysages.
Elle a toujours aimé photographier (cours au club photo du lycée, achat d'un Minolta argentique) mais le tournant dans son approche de la photo, c'est la découverte de la Galerie du Jour, d'Agnès B qui a lui a permis de découvrir la photo contemporaine.
Elle photographie tous les jours (le plus souvent avec un iphone 5s mais elle possède un Nikon D90 équipé d'un 35mm). Elle préfère saisir les parties d'un corps au mouvement plutôt que de figer visage. Voilà pourquoi sa maman n'a pas de photos "lassiques" de ses petits-enfants.

Elle aime les photos de Saul Leiter, Hervé Guibert, Robert Franck, Nan Goldin, Kate Barry, David Lynch, Sophie Calle, les portraits Androgynes de Bettina Rheims, le travail de Charlotte Donker Toscan. Mais sa photographe préférée c'est son amie Maud.

Elle est bavarde mais aime écouter les autres, est optimiste-réaliste et râleuse. Ses goûts et son mode de vie sont simples et elle déteste le luxe et l'ostentatoire. Elle croit aux actes, moins aux paroles. Vieillir la rend heureuse. Elle est bienveillante. Elle aime être seule sans être une solitaire. Une soirée dans la nature la séduit autant qu'une soirée concert et bière.

Avec son amoureux, elle irait bien se promener dans les forêts de bouleaux en Ukraine et avec ses enfants ce serait la Hollande. Sa saison préférée : l'automne. Sa couleur, le noir "sublime et simple", une odeur "celle de l'automne quand tu ouvres ta fenêtre et que tu sens les premiers feux de cheminée des voisins". Pour elle, un dimanche idéal c'est "celui qui ressemble à ces jours, au lycée, où tu quittais à 11h au lieu de 12h30 et que tu l'apprenais à 9h".

Son livre de chevet : La promesse de l'aube, de Romain Gary. Au cinéma, elle a été marquée par Sunday bloody sunday (John Schlesinger), L'homme blessé (Patrice Chéreau), Une femme sous influence (Cassavetes), Diabolo menthe (Diane Kurys), Annie Hall (Woody Allen), La mort en direct (Bertrand Tavernier), Mauvais sang (Carax), Vincent, Paul et les autres (Claude Sautet) et le cinéma de Varda.

Je crois bien que je pourrais être amie avec elle. Voici quelques unes de ses photos :









 














30.1.17

en janvier {2017}


 " Récemment, comme je faisais le point sur les livres que j'avais lus ces dernières années, j'ai remarqué qu'il y avait désormais dans ma bibliothèque plus de romans américains que 
de romans français. 
(*La disparition de Jim Sullivan. Première phrase)

J'ai entendu beaucoup de bien du dernier roman de Tanguy Viel, Article 353 du Code pénal, que j'achèterai quand il sortira en poche. Cela m'a donné envie d'aller me pencher sur les précédents écrits cet écrivain breton né la même année que moi. Le titre et la couverture de La disparition de Jim Sullivan m'ont tentée. C'est un livre court et étonnant. Le narrateur-auteur français se raconte au fur et à mesure de l'écriture de son roman américain. Le roman se construit donc sous nos yeux… le "je" nous explique pourquoi il choisit de faire intervenir tel personnage, à tel endroit en suivant les codes du roman américain : "Et c'est vrai que Dwayne Koster avait exactement cinquante ans quand commençait mon histoire, que sa vie sentimentale s'était un peu compliquée, et qu'il était divorcé donc, puisque, d'une manière générale, il n'était pas question de déroger aux grands principes qui ont fait leur preuve dans le roman américain". Pour moi, grande amoureuse de littérature américaine, j'ai trouvé à la fois drôle et passionnant la manière dont il avait repéré les tics ou les codes de cette littérature pour les utiliser en nous prenant comme témoin du processus d'écriture. Au delà du procédé, il construit une histoire assez chouette : celle d'un prof de fac, infidèle et trompé, quitté par sa femme, trahi (d'une manière glauque et assez comique aussi) par sa jeune maîtresse, utilisé par un oncle trafiquant d'antiquités etc… Quant à la disparition de Sullivan, elle est comme un fil rouge tout au long du roman.



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lectures pour le travail…
Les quatre filles de Brick Lane, de Siobhan Curham. Un roman anglais pour ados dont les héroïnes sont quatre jeunes filles : Rose, Ambre, Sky et Maali. Rose est la fille d'une mannequin en fin de carrière qui rêve de la même carrière pour sa fille mais la sublime Rose se passionne pour la pâtisserie. Ambre, fan d'Oscar Wilde, a deux papas, dont l'un artiste qu'elle juge égocentrique et avec lequel elle ne s'entend pas. Au lycée, elle est harcelée par un groupe de filles à cause de l'homosexualité de ses parents. Sky, poète en herbe a perdu sa maman et vit sur une péniche avec un père adoré mais celui-ci a décidé de s'installer avec une femme (la mère de Rose) que Sky déteste. Enfin, Maali est une jeune fille d'origine indienne qui n'ose pas parler aux garçons… Ambre se sent seule et différente. Elle décide de passer une annonce et de monter un club secret avec des jeunes filles différentes comme elle… Rose, Sky et Maali la rejoignent. L'écriture n'a rien de sensationnelle, les  thèmes ne sont pas d'une originalité folle mais voilà un joli roman dans lequel nombre de jeunes lectrices devraient se reconnaître et qui peut faire un bien fou quand on a 12 ou 15 ans et qu'on se se différente. Un livre qui valorise la différence et incite à assumer ce qu'on est.

Lâcher prise, c'est vivre, de Solène Revol. Un livre témoignage écrit par une jeune fille qui raconte son année d'anorexie, depuis la naissance de la maladie jusqu'à sa guérison après neuf mois d'hospitalisation. Un récit très fort et très concret sur ce qui se passe dans la tête d'une jeune fille malade. J'ai lu beaucoup d'ouvrages sur la question, mais j'ai trouvé ce récit particulièrement "efficace" pour comprendre le processus de cette maladie. (lire l'interview de Solène la semaine prochaine dans "L'actu").


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Au cinéma… J'ai déjà parlé de La La Land il y a quelques jours. L'autre très beau film du mois c'est Moonlight, de Barry Jenkins. On suit la vie de Chiron, un petit garçon qui grandit dans un quartier très défavorisé de Miami. Pas de papa, une maman toxicomane. L'enfant est chétif, un peu efféminé et souffre-douleur des gamins de son école. Un enfer familial et scolaire qui ne fera que s'accentuer au fil des années. Il s'échappe de son cauchemar en se réfugiant de temps à autre chez un dealer et sa petite amie Teresa, qui prennent soin de lui. Le film se partage en trois parties et des acteurs différents incarnent le héros à trois périodes de sa vie : la petite enfance, l'adolescence et les débuts dans l'âge adulte. Ce changement de comédien n'altère en rien l'attachement que le spectateur ressent pour le personnage. On a envie de le protéger, de l'extraire d'un milieu hostile et cruel qui le rejette avec violence. On le voit grandir, évoluer et déployer des stratégies de survie. Il emprunte finalement une voie radicale pour survivre mais il est bouleversant de voir toujours, derrière le masque, le petit garçon fragile et sensible qu'il est toujours. Un très très beau film.
L'ascension et Il a déjà tes yeux sont des films sympas pour ados. Un joyeux mélange d'humour et tendresse pour prôner de belles valeurs  : le dépassement de soi, la solidarité pour le premier, l'amour et la tolérance pour le second. Ça ne fait pas de mal par les temps qui courent…
Rock'n roll de Guillaume Canet m'a bien plu. C'est une comédie inventive et audacieuse. Marion Cotillard est très drôle et le couple fait preuve d'une bonne dose d'auto dérision et c'est bien réjouissant!
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Au théâtre, Vue du pont d'Arthur Miller, mis en scène par Yvo Van Hove, a fait l'unanimité dans notre groupe d'abonnés au théâtre de l'Odéon. On a été éblouis par la mise en scène, le texte et la force de l'interprétation (Charles Berling, Caroline Proust… tous épatants). Une très belle critique du Monde à lire ici

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Petite mise à jour des lieux qui proposent In the mood for… 

*boutique en ligne : inthemoodfor.tictail.com

* à paris : Artazart (10e), Le Merle Moqueur (20e), Les Fleurs (11e), French Touche (17e), Welcome bazar Bio (11e), Voyageurs du monde (2e)…
* à rennes : Ariane, la librairie du voyage
*à nantes : L'atelier du petit parc
*à bordeaux : librairie Le Passeur
*à lille : librairie autour du monde
*à la rochelle : librairie Les Saisons
*en suisse : Sérendipité
*à liège : librairie Toutes directions
*à bruxelles : librairie Candide (et à partir du w-e prochain chez Peinture Fraîche, Ici, La Frénésie, Pépin la Lune, Le Maga…)





11.1.17

La La Land!!!!!!!!!!


Je n'ai pas trouvé mieux qu'une photo prise à Palm Spring de l'été 2015 pour vous parler d'un film m'a enthousiasmée, ravie, chavirée, émue, bouleversée…
L'histoire de La La Land se déroule à Los Angeles et raconte la rencontre entre une jeune femme (Emma Stone) aspirant comédienne et un jeune homme (Ryan Gosling, encore plus charmant & sexy que d'habitude) pianiste prodige, fou de jazz et qui joue dans des clubs miteux en rêvant d'ouvrir un jour le sien. C'est une comédie musicale, donc on chante, on danse et moi qui ne suis pas une fan du genre, j'ai adoré.
Pendant un assez long moment, on est dans le registre de la comédie romantique (dans le sens noble du terme : c'est un genre que j'adore quand le film est bon mais c'est rare):  les deux héros se croisent, se détestent, puis  se re-croisent et tombent amoureux et tout est bien qui finit bien. Bref, on est dans une belle bluette qui marche drôlement bien et le film est déjà drôlement plaisant à regarder.
Mais, surprise, progressivement on passe dans un autre registre. Les personnages ne sont plus seulement des héros de comédie romantique, ils gagnent en profondeur, en intensité. Se posent des questions existentielles : que faire de nos rêves? Jusqu'à quel stade les poursuivre? Faut-il grandir? Faire des concessions? renoncer? Quelle place reste t-il au couple ? Faut-il le sauver à tout prix ? C'est subtil, intelligent. La dernière demie heure offre des idées de mise en scène de toute beauté. Et la longue dernière scène m'a scotchée à mon fauteuil.
Ce film réussit l'exploit de faire cohabiter le plus grand réalisme psychologique et la grande tradition de la comédie musicale et du cinéma hollywoodien des années 50.
J'allais oublier de vous parler de la musique, des chorégraphies, des chansons… Un film à voir avec son amoureux, ses copines, ses ados, sa mère ou son père. Trouvez-moi quelqu'un (de bonne foi) qui ne tombe pas sous le charme.

Le teaser du romantique “La La Land” avec Emma Stone et Ryan Gosling